
Retrait-gonflement des argiles (RGA) :
comprendre le phénomène et ses impacts
Les fissures apparaissant en période de sécheresse peuvent être liées au retrait-gonflement des argiles (RGA), un phénomène largement répandu en France et à l’origine de très nombreux désordres.
Toutefois, cette explication ne peut être retenue qu’après une analyse du contexte structurel, hydrique et du sol en place.
L’attribution d’un désordre nécessite une analyse globale du contexte.
Le mécanisme de retrait-gonflement des argiles
Le retrait-gonflement des argiles (RGA) correspond aux variations de volume de certains sols argileux sous l’effet des cycles sécheresse / réhydratation.
Certaines argiles présentent une structure minéralogique en feuillets et des conditions chimiques capables d’intégrer de l’eau entre leurs couches internes. En période de dessiccation prolongée, elles se contractent puis au ré-humectage, un gonflement se produit. Néanmoins, la récupération de volume est souvent incomplète générant une accumulation des déformations au fil des cycles.
Ce phénomène s’exprime principalement dans la zone active superficielle du sol, soumise aux variations saisonnières d’humidité. La profondeur réellement concernée dépend du contexte géologique local, de la gestion des eaux, de la végétation et de l’implantation de l’ouvrage.
Les désordres apparaissent lorsque ces variations deviennent différentielles sous les fondations entrainant ainsi :
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fissures obliques ou verticales,
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désaffleurements,
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déformations de dallages,
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mouvements relatifs entre parties de bâtiment.

Montmorillonite calcique - Largeur de l'image : 3,8 µm
Image reproduced from the ‘Images of Clay Archive’ of the Mineralogical Society of Great Britain & Ireland and The Clay Minerals Society (https://www.minersoc.org/images-of-clay.html)
Êtes-vous situé en zone sensible au retrait-gonflement des argiles ?
Le phénomène de retrait-gonflement des argiles ne s’exprime pas de manière homogène sur le territoire. Sa présence dépend directement du contexte géologique local, et en particulier de la nature et de la répartition des formations argileuses.
Un zonage réglementaire permet d’identifier les secteurs exposés à ce phénomène, avec différents niveaux de sensibilité. Ce zonage est notamment utilisé dans le cadre de l’information des acquéreurs et des règles de construction.
Une mise à jour de ce zonage aura lieu en juillet 2026 et conduit à une évolution de certaines zones, avec une redéfinition des secteurs considérés exposés.
À l’échelle départementale, et même communale, les contrastes de sensibilité au phénomène de retrait-gonflement des argiles peuvent être très marqués, localisés ou plus étendus selon les secteurs.
La présence en zone exposée ne permet pas, à elle seule, de conclure à l’origine d’un désordre.
Une analyse à l’échelle du site reste indispensable.
Pourquoi les situations liées au RGA sont complexes

La présence d’un aléa argileux cartographié ne suffit pas à caractériser un sinistre RGA.
L’analyse doit examiner :
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la cohérence entre morphologie des fissures et mécanisme supposé ;
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l’intensité des variations hydriques ;
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la profondeur d’influence de la zone active ;
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la nature réelle des sols sous l’ouvrage ;
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l’existence éventuelle de facteurs aggravants (ruissellement concentré, réseaux enterrés, drainage inadapté, hétérogénéité des remblais, végétation à fort développement racinaire).
Dans de nombreux cas, le mécanisme observé résulte d’une combinaison de phénomènes hydriques et mécaniques.
Identifier le phénomène dominant est un enjeu central.
Comprendre les refus d’indemnisation liés au RGA
Un cadre d'indemnisation précis
L’indemnisation par l'assurance repose sur la qualification du mécanisme déterminant et ne peut être engagé que lorsque votre commune a fait l'objet d'un arrêté catastrophe naturelle sécheresse et réhydratation des sols.
Lorsque le retrait-gonflement des argiles n’est pas retenu comme cause principale, les désordres peuvent être exclus du régime Cat Nat.
Les refus s’appuient le plus souvent sur des causes alternatives telles que :
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végétation proche (effets de succion racinaire) ;
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fuite ou défaut de réseaux enterrés ;
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défaut de conception ou de fondations ;
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vétusté ou défaut d’entretien.
Une lecture du mécanisme parfois discutable

L’existence de ces facteurs ne suffit pas, en soi, à écarter le phénomène RGA.
Encore faut-il démontrer qu’ils constituent la cause déterminante des désordres.
En pratique, certaines conclusions reposent sur des hypothèses insuffisamment étayées, sans analyse complète :
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de la cinétique des fissures ;
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du sol en place et de sa sensibilité réelle ;
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de la zone active ;
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des conditions hydriques ;
Une cause alternative invoquée ne vaut pas démonstration du mécanisme.
Quelles expertises pour défendre vos intérêts en cas de refus d'indemnisation RGA ?
Contre-expertise RGA : une analyse technique
La contre-expertise en retrait-gonflement des argiles (RGA) intervient lorsqu’un désaccord existe entre l'expert travaillant pour l'assurance et l'assuré.
Elle peut être sollicitée notamment en cas de refus d’indemnisation sécheresse, de contestation du lien entre fissures et RGA ou de conclusions jugées incomplètes ou insuffisamment argumentées.
La mission consiste à procéder à une analyse géotechnique indépendante et objective du dossier :
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examen critique du rapport existant ;
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vérification de la cohérence entre désordres observés et mécanisme invoqué :
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identification de causes combinées ou alternatives.
L’objectif est d’objectiver les causes probables du désordre à partir d’une lecture rigoureuse sol-eau-structure
Expert d'assuré RGA :
une mission d'accompagnement
L’intervention en qualité d’expert d’assuré spécialisé en fissures et géotechnique constitue une mission plus large.
Elle inclut la contre-expertise technique, mais s’étend également au suivi du dossier dans la durée.
Dans ce cadre, l’intervention peut comprendre :
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la participation aux réunions d’expertise contradictoire ;
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la formulation d’observations techniques structurées ;
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l’assistance lors des échanges avec l’assureur ;
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l’analyse des propositions d’indemnisation ;
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l’accompagnement jusqu’à la résolution amiable ou contentieuse.
L’expert d’assuré représente exclusivement les intérêts du propriétaire et apporte une lecture géotechnique indépendante afin de sécuriser l’évaluation du sinistre RGA.



